Le saviez-vous? Le retard dans la notification des droits à une personne placée en garde à vue peut justifier l’annulation de la mesure

En droit, il résulte de la combinaison des articles 63 et 63-1 du Code de procédure pénale que toute personne placée en garde à vue pour les nécessités d’une enquête doit recevoir immédiatement notification des droits attachés à cette mesure.

Il s’agit, notamment, du droit de faire prévenir un proche, de s’entretenir de manière totalement confidentielle avec un Avocat et d’être assisté par celui-ci au cours des auditions, du droit absolu de se taire lors des interrogatoires, ou encore celui de consulter un Médecin.

Le gardé à vue doit, également, être informé sans délai de la qualification des faits qui lui sont reprochés, de la date et du lieu présumé de l’infraction, du motif ayant justifié son placement en garde à vue, et du droit dont il dispose de consulter certains des actes de la procédure.

Selon la Cour de cassation, tout retard dans la mise en oeuvre de cette obligation d’information, non justifié par des circonstances insurmontables, porte nécessairement atteinte aux intérêts de la personne concernée(Cour de cassation chambre criminelle – Audience publique du jeudi 31 mai 2007 – N° de pourvoi: 07-80928) 

Autrement dit, le mis en cause peut requérir l’annulation de la mesure pour cette raison.

Voici quelques exemples de situations caractérisant des « circonstances insurmontables » selon la Cour de cassation:

  • l’état d’ébriété de l’intéresse (Ch. criminelle, 3 avril 1995, n°94-81792)
  • le comportement de l’intéresse rendant impossible la notification de ses droits et les diligences accomplies par les suite par les policiers (1 civ. 19 juin 2007, n°06-19153)
  • les interpellations successives par les forces de l’ordre assaillies par des manifestants et la situation d’un commissariat en état de siège (Ch. criminelle, 10 avril 1996, n°94-81728)

En revanche, n’ont pas été considérées comme des circonstances insurmontables:

  • les auditions successives de trois policiers présents sur les lieux des interpellations (Ch. criminelle, 31 mai 2007, n°07-80928)
  • la prise en compte par l’OPJ de la tentative de suicide de l’intéressé (Ch. criminelle, 21 janvier 2009, n°08-81652)
  • la déclaration de l’interprète selon laquelle il ne peitu se présenter avant le lendemain (Ch. criminelle, 3 décembre 1996, n°96-84503)

Pour toute assistance lors d’une mesure de garde à vue, notre cabinet est joignable au 09.83.45.02.15.